Un extrait du livre de F.Bourguignon pour bien distinguer effet global et effet redistributif dans chaque pays.

Pour autant, il ne faudrait pas croire que la phase actuelle d’accélération de la mondialisation a entraîné un appauvrissement général des économies développées au profit d’économies émergentes. Globalement, les deux groupes ont gagné à cette extension des échanges. Pour les économies émergentes, il y a peu de doute que l’ouverture a contribué à une croissance plus rapide. Dans les pays développés, plusieurs secteurs ont pâti de cette nouvelle concurrence, mais d’autres, notamment les biens et services intensifs en capital et en technologie, en ont bénéficié, tandis que d’autres secteurs, principalement de services, restaient à l’abri de la nouvelle concurrence étrangère. par ailleurs, le prix d’un grand nombre de biens, maintenant importés, a diminué, contribuant à une hausse sensible du pouvoir d’achat. Sans doute le gain a-t-il été inégalement réparti au sein des économies nationales, mais au total, il a été positif. Outre son effet sur les salaires, une autre source d’inégalité liée à la mondialisation est la précarisation de l’emploi qu’entraîne toute restructuration économique d’envergure. En partie sous l’effet de la nouvelle concurrence des économies émergentes, la part des emploi manufacturier a été divisée par deux aux Etats-Unis depuis 1980, et par un peu moins de deux en France. (…) Bien sûr d’autres raisons expliquent aussi cette baisse de l’emploi industriel (…). un repli d’une telle ampleur n’aurait cependant pas été possible sans le développement des échanges avec les économies moins industrialisées et, plus récemment, avec l’Asie émergente.

F.Bourguignon « La mondialisation de l’inégalité », 2012 p.38

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