Le discours de Paul Magnette, Président de la Wallonie (je vous rappelle que la Belgique est un Etat fédéral). Je ne fais ici aucune publicité pour ou contre P.Magnette.

Je trouve ce discours très intéressant dans son contenu. Il rappelle deux points:

  • le premier soulevé par Pascal Lamy sur la distinction entre accords de première, seconde et troisième génération permet de comprendre pourquoi les accords du type CETA, ou le cycle de Doha, rencontrent aujourd’hui des difficultés que les précédents rounds de l’OMC ou accords bilatéraux n’avaient pas rencontrés. Je vous conseille de vous replonger dans le document de P.Lamy qui traite de cette présentation et qui figure dans le dossier de cours (Module 3 Partie 1 Chapitres 2 et 3).
  • le second soulevé par D.Rodrik sur la dimension « politique » des nouveaux accords de libre-échange. A plusieurs reprises, P.Magnette revient sur cette dimension politique (c’est-à-dire sur la capacité à créer une débat politique qui débouche sur une position nationale en matière de règles des échanges économiques);

Je pense pour terminer, que beaucoup de commentateurs interprètent très mal la position wallonne: la position wallonne n’est pas contre le Ceta et pour le protectionnisme unilatérale, mais pour la négociation (bilatérale ou multilatérale) et la mise en oeuvre de règles admises par tous, qui font consensus, et dans lesquelles les Etats restent souverains (d’où l’opposition aux tribunaux privés d’arbitrage sensés régler les conflits entre Etats et FMN). Les Belges n’annoncent pas la mise en place d’une politique davantage protectionniste. Cette position belge fait sortir les négociations d’un cadre purement technocratiques (porté ici par la Commission européenne) pour le replonger dans un cadre politique (que voulons nous pour notre pays ?). Cette prise de position montre finalement que le pouvoir politique en Europe reste encore une affaire d’Etats-nation.

Publicités