Olivier Passet présente les programmes fiscaux des candidats à l’élection présidentielle. Pour cela, il adopte une grille de lecture dont j’ai parlé dans mes corrections à propos des sujets inégalités/justice sociale (équité)/efficacité économique, la grille de lecture d’Okun (1975) : il faut arbitrer entre efficacité et égalité (pour plus d’équité, c’est-à-dire de justice sociale).

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-OPA-Comprendre-les-enjeux-et-les-clivages-du-debat-fiscal-5957_3744510.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC020417

il classe les programmes des candidats avec deux extrêmes : plus d’efficacité (baisse impôt des entreprises et des ménages riches) vs plus de justice sociale (fiscalité redistributive forte). Il sort le programme de Le Pen de cette présentation en le classant dans le « clientélisme fiscal ». Cette présentation est utile pour retenir des exemples.

Cette manière de présenter la problématique entre efficacité et égalité (justice sociale/équité) pose cependant problème. Comme je l’ai montré dans des corrections que j’ai posté récemment, il apparaît nécessaire aujourd’hui de dépasser cet arbitrage pour, au contraire, concevoir une fiscalité qui soit à la fois efficace et redistributive. Il faut pour cela partir du constat que le creusement des inégalités depuis 30 ans a été inefficace du point de vue de la croissance, et que même lorsque les inégalités (cas de la France) ne se creusent pas, elles ont un impact négatif sur la croissance potentielle. Il faut donc trouver des instruments fiscaux qui permettent d’atteindre simultanément ce double objectif. Je vous renvoie par exemple à la fiscalité danoise, telle que décrite par Aghion et Roulet dans Repenser l’Etat.

Cette difficulté à dépasser le clivage « okunien » conduit d’ailleurs Passet à être en difficulté pour classer un des candidats.

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