Un entretien avec Ragot qui revient notamment sur l’évolution de la dette publique en France (période fin 19ième, après 1918 et après 1945).

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Xavier-Ragot-Xavier-Ragot-Arretons-de-dramatiser-et-de-stigmatiser-la-dette-publique–5771_3744461.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC020417

Il rappelle qu’une des raisons de la faiblesse du ratio d’endettement public après 1945 est l’écart entre le taux d’intérêt du sur la dette et la croissance économique : dès lors que le taux de croissance est supérieur au taux d’intérêt, les recettes fiscales augmentent plus vite que le service de la dette. Cela s’explique par le fait que durant les 30 glorieuses les banques centrales achetaient la dette publique (monétisation de la dette). L’avantage de cette technique est que le ratio d’endettement est « maîtrisé », et donc que la hausse de la dépense publique ne se transforme pas en dérapage des comptes publics, mais l’inconvénient (mais ça Ragot oubli de le dire) c’est que c’est une technique inflationniste (cf l’inflation rampante des années 1960 qui débouche sur une inflation galopante). La sortie de cette période dite de « répression financière » (expression de Mac Kinnon pour illustrer le fait que l’Etat comprime volontairement la rémunération des épargnants en maintenant des taux d’intérêt réel bas) a conduit au développement du financement de la dette sur les marchés financiers.

Aujourd’hui, la gestion de la dette publique est facilitée par des taux d’intérêt nominaux et réels très bas (comme dans les années 1960), c’est un avantage des politiques monétaires ultra expansionnistes menées depuis 2008 – mais le problème que la dette publique publique rencontre est la faiblesse de la croissance (à la différence des années 1960).

Concernant le lien entre politique monétaire et politique budgétaire, Ragot rappelle que la politique menée par la banque centrale a des conséquences sur la politique budgétaire puisqu’en intervenant pour empêcher une hausse du taux d’intérêt, elle rend les conditions de refinancement de l’Etat moins onéreuses et facilite la gestion de la dette.

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