Je viens de terminer de corriger vos copies vous interrogeant sur la théorie autrichienne des crises. Je me permets quelques petites remarques sur vos copies :

  1. Certains ont mobilisé l’analyse monétariste pour répondre à la question. Ce n’était pas la théorie attendue ; il fallait mobiliser la théorie de F. Hayek ;
  2. Je constate encore trop d’erreurs dans la manipulation des mécanismes de marché : si l’offre augmente, le prix baisse et pas l’inverse par exemple ;
  3. Dans l’ensemble vous avez bien compris que la confrontation de la demande et de l’offre de fonds prêtables sur le marché des fonds prêtables permet de coordonner les décisions des consommateurs et des producteur à travers le taux d’intérêt naturel qui véhicule l’information sur l’arbitrage intertemporel (consommation/épargne) des ménages. Ce taux d’intérêt permet d’équilibrer l’investissement des entreprises et l’épargne des ménages.C’est plus ou moins bien dit dans vos copies mais l’idée est globalement saisie ;
  4. Vous avez aussi globalement bien compris que lorsque les banques procèdent à de la création monétaire, elles abondent l’offre de fonds prêtables et font baisser le taux d’intérêt en dessous de son niveau naturel. Le message véhiculé par le prix est ici biaisé, les entreprises l’interprètent comme une hausse de l’épargne alors qu’il n’en est rien. Ces dernières vont donc surinvestir. Le détour de production de l’économie s’agrandit (effet accordéon). ;
  5. Le surinvestissement s’accompagne d’une insuffisance de la production de biens de consommation (ça vous ne l’avez pas tous saisi) et d’une production très importante de biens de production. Tôt ou tard, une crise de surproduction se déclenchera. De nombreuses entreprises du secteur des biens de production feront faillite, la production faiblira ou reculera et le chômage se développera . C’est une purge nécessaire selon F. Hayek pour que l’économie revienne à une structure de production plus courte (un détour de production moins important) plus en phase avec les arbitrages intertemporels des ménages.
  6. Hayek nous propose ainsi une explication des fluctuations économiques qui a été nommée effet accordéon parce que la création monétaire entraîne dans un premier temps un allongement de la structure de production (phase de croissance) puis dans un second temps la crise qui en résulte raccourcit la structure de production (phase de récession ou de dépression).

Ceux qui veulent une explication plus fine et plus détaillée du passage du boom à la récession dans l’analyse autrichienne des crises peuvent lire les lignes qui suivent : 

Le surinvestissement se traduit par une insuffisance de la production de bien de consommation et par un excès de production de biens de production. Le déséquilibre entre offre et demande des biens de consommation se traduit alors par une hausse des prix des biens de consommation. Les prix relatifs (prix des bien de consommation/prix des biens de production) se renversent (ce qui montre bien que la monnaie est active) et incitent les entreprises à revenir dans le secteur des biens de consommation. Mais cette ré-allocation des facteurs de production est coûteuse et nécessite des ressources financières. Or, puisque l’inflation est forte, la banque centrale élève tôt ou tard ses taux d’intérêt et il devient difficile d’obtenir des crédits. De nombreuses entreprises du secteur des biens de production sont donc condamnées à faire faillite, le chômage se développe, l’activité économique recule, le niveau général des prix baisse et ceci jusqu’à ce que la structure productive se rétrécisse suffisamment pour devenir cohérente avec les préférences intertemporelles des ménages.

 

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