Voici le faire le point de ce jour : Faire-le-point-ESH-13-12-18 et un retour sur le modèle impulsion-propagation.

Une offre globale de court terme sensible au NGP : le vecteur des fluctuations économiques

Dire que la monnaie est active signifie que la création monétaire et donc le NGP a une incidence sur le niveau d’activité. La courbe d’offre globale a donc une pente positive.

Par exemple, une relance monétaire permet dans un premier temps de stimuler l’activité économique (expansion). Mais dans un second temps, les forces équilibrantes du marché ramènent l’économie vers sa situation d’équilibre, à savoir le niveau de produit défini par OGLT (récession).

OG-DG

 

On peut prendre l’exemple inverse d’un choc de demande négatif qui se traduit dans un premier temps par un ralentissement de l’activité économique (récession : passage de a à b). Mais dans un second temps, les forces équilibrantes du marché ramènent l’économie vers sa situation d’équilibre, à savoir le niveau de produit défini par OGLT (expansion : passage de b à c).

Capture d_écran 2018-12-13 à 14.50.43

Dans les deux cas, on a un choc (une impulsion = un choc de demande positif dans le 1ercas, négatif dans le second) qui se propage dans l’économie et fait dévier la croissance observée de son niveau d’équilibre : on a donc des variations conjoncturelles du niveau d’activité qui sont engendrées par la propagation du choc. Mais quelles sont les forces de propagation d’un choc ? Pourquoi le choc n’est-il pas directement absorbé par les forces équilibrantes du marché ? Il y a deux types de réponse à cette question : celle des monétaristes et celle des keynésiens.

Pour les monétaristes, la transformation du choc en fluctuations s’explique par l’illusion monétaire des AE.

Prenons l’exemple d’un choc de demande positif se traduit par une hausse du NGP. Les AE évaluent mal l’inflation, ils n’exigent pas de hausse de salaire nominal, leur salaire réel baisse, les coûts salariaux de l’entreprise diminuent, cette dernière est incitée à augmenter sa production, l’activité économique est relancée (EXPANSION). Mais arrivent un moment où les AE prennent conscience de la hausse du NGP (fin de l’illusion monétaire). Ils exigent un rattrapage salarial ce qui fait augmenter les coûts de production des entreprises et ralentit la croissance économique (RECESSION).

Pour les keynésiens la transformation du choc en fluctuations s’explique par la rigidité/viscosité des salaires.

Pour Keynes, les salaires nominaux s’ajustent à la hausse lentement (parce que salariés et employeur ne négocient pas en permanence les salaires) et sont rigides à la baisse (parce que les salariés s’opposent à la baisse de leurs salaires nominaux). C’est cette rigidité des salaires qui va faire que le choc se propage dans l’économie en générant des fluctuations.

Prenons l’exemple d’un choc de demande négatif. La baisse du NGP augmente les salaires réels ce qui incite les entreprises à moins produire et à moins embaucher (Récession). Comme les salariés ont tendance à s’opposer à la baisse de leur salaire nominal, le retour vers l’équilibre (à travers la baisse des salaires nominaux) sera très long et l’économie restera longtemps enfermée dans une situation de chômage et de récession avant de connaître une expansion qui la ramènera vers l’équilibre (C’est pourquoi Keynes disait que « à long terme nous sommes tous morts »). Les keynésiens proposent donc une intervention conjoncturelle des pouvoir publics (politique monétaire et/ou budgétaire expansionniste) pour ramener plus rapidement l’économie à son potentiel de croissance (et surtout à un coût social plus acceptable).

Il a beaucoup été reprochés aux keynésiens de ne pas justifier pourquoi les salaires étaient rigides. C’est à cette tâche que vont s’atteler les nouveaux keynésiens en se basant sur les concepts d’asymétrie d’information et d’anticipations rationnelles. Il existe une asymétrie d’information fondamentale entre les salariés et leurs employeurs : les salariés en savent plus sur ce qu’ils font durant leur journée de travail que leurs employeurs. Aussi, les salariés peuvent exploiter de manière opportuniste cette asymétrie d’information pour ne pas s’investir pleinement dans leur travail (aller sur les réseaux sociaux, faire ses courses en ligne, passer beaucoup de temps à la machine à café, etc.), ce qui affecte négativement leur productivité. Pour faire face à ce problème, les employeurs peuvent procéder à une surveillance en continu de leurs salariés mais cette solution coûte très cher et n’est pas favorable à la cohésion et à la coopération absolument nécessaire à la bonne performance de l’entreprise. Les nouveaux keynésiens vont montrer que les employeurs ont rationnellement intérêt à adopter une autre solution pour faire face à ce problème posé par les asymétries d’information : ils vont rémunérer les salariés au-dessus du salaire de marché pour stimuler leur productivité (salaires d’efficience qui permettent d’éviter les comportements opportunistes) ou leur proposer un salaire fixe/stable et élevé quelle que soit la position dans le cycle économique en échange d’un fort investissement professionnel des salariés (théorie des contrats implicites). Dans ces conditions, les entreprises n’ont rationnellement aucun intérêt à baisser les salaires nominaux lorsqu’un choc de demande négatif se déclare. Par conséquent, les salaires réels augmentent ce qui accroît les coûts de production et désincitent les entreprises à produire et à embaucher davantage. Cela engendre une récession qui mettra beaucoup de temps à se dissiper parce qu’il est difficile de faire baisser les salaires nominaux. Tout comme chez Keynes, cela justifie une intervention conjoncturelle de l’Etat pour ramener plus rapidement l’économie vers l’équilibre de long terme.

Publicités