Faire le point sur le cours d’ESH du vendredi 7 décembre 2018

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Faire le point sur le cours d’ESH du mercredi 5 décembre 2018 + précision sur le lien entre les rentes et les barrières à l’entrée

Vous trouverez ci-dessous le « Faire le point » pour le cours de ce jour :

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Je fais aussi suite à la question d’Emery (je crois) au sujet de la définition de la rente. Je vous fait un petit point sur les liens entre barrières à l’entrée, rente, nature des institutions politiques et croissance économique de long terme.

Institutions politiques, barrières à l’entrée, rentes et prospérité

Daron Acemoglu et James A. Robinson, auteurs de Prospérité, puissance et pauvreté Pourquoi certains pays réussissent mieux que d’autres, éditions markus haller, 2015 utilisent souvent le terme de « rente » dans leur ouvrage. Par « rente », ils entendent une forme particulière de revenu, à savoir des revenus, souvent importants, perçus par des agents économiques protégés de la concurrence par des barrières à l’entrée.

En économie, les barrières à l’entrée désignent l’ensemble des obstacles qui empêchent de nouveaux acteurs de rentrer sur un marché. Ces barrières peuvent être structurelles (monopole naturel, activité avec des externalités de réseau, brevets, réglementation et protection de l’Etat, contraintes de financement, etc.), ou dépendre des stratégies des firmes (abus de position dominante – utiliser son pouvoir de marché pour affaiblir ses concurrents, les faire disparaître ou empêcher leur entrée sur le marché –, différenciation des produits, innovations, etc. ).

Quand les institutions politiques ne sont pas suffisamment inclusives (i.Pluralisme insuffisant et faible contrôle du pouvoir politique, ii. pouvoir politique insuffisamment centralisé et puissant), le pouvoir politique crée souvent des barrières légales à l’entrée pour favoriser l’intérêt particulier de certains agents économiques (accord de monopole, réglementation favorable, licence, subvention, etc.) et ne lutte pas suffisamment contre les barrière stratégiques qui nuisent au bien-être collectif (abus de position dominante).

Cette insuffisante pression concurrentielle accroît le pouvoir de marché de ceux qui bénéficient des barrières à l’entrée : ils peuvent pratiquer des prix plus élevés que ceux qui s’établiraient en concurrence (=rente) et ils ne sont pas incités à innover ou à améliorer la qualité du service.

Le potentiel de croissance est donc négativement affecté et ce d’autant plus que les agents économiques gâchent de l’énergie et des ressources à s’approprier les rentes, ressources qui ne sont pas mobilisées pour stimuler l’activité productive.