Vers une politique monétaire moins expansionniste ? (Le Monde 8 juillet 2017)

Les banques centrales préparent la fin du soutien monétaire

Comme son homologue américaine, la BCE prépare doucement le retrait à venir de ses soutiens monétaires à l’économie. Mais elle se montrera très prudente tant qu’elle jugera l’inflation trop faible, explique Benoît Cœuré, membre de son directoire

LE MONDE ECONOMIE | 07.07.2017 à 16h24 • Mis à jour le 07.07.2017 à 16h25 | Par Marie Charrel

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Benoît Cœuré, membre du directoire  de la Banque centrale européenne, à Riga.

Le sevrage sera douloureux. Les marchés, comme les Etats, vivent depuis si longtemps sous perfusion monétaire que certains espéraient secrètement qu’elle ne serait jamais retirée. Ils vont devoir se faire une raison. Car, depuis quelques semaines, les banquiers centraux multiplient les signaux dans la zone euro et aux Etats-Unis : ils sont sur le point d’organiser prudemment le retrait de leurs mesures exceptionnelles d’aide à l’économie. Celles qui, depuis la crise, ont permis d’abaisser le coût du crédit et de soutenir l’activité, tout en éloignant la menace déflationniste.

L’entretien :   « Il est urgent que la zone euro se prépare aux chocs futurs » : l’avertissement de Benoît Cœuré

Ces prochains mois, la Réserve fédérale (Fed) va ainsi réduire le volume des dettes et titres financiers achetés pendant la crise pour soulager le secteur financier, et qu’elle a conservés depuis. Jeudi 6 juillet, la publication du compte-rendu de la dernière réunion (7 et 8 juin) de la Banque centrale européenne (BCE) a également révélé que l’institut de Francfort est enfin confiant sur la solidité de la reprise.

Selon les économistes, cela confirme qu’il devrait annoncer à l’automne une nouvelle réduction de son programme de rachats de dettes publiques et privées pour 2018. Juste après la publication du compte-rendu, les taux allemands à dix ans ont grimpé à 0,56 %, contre 0,47 % la veille, signe de la nervosité des investisseurs. Car, pour eux, cette nouvelle stratégie signifie la fin à venir de l’argent facile. Vraiment ?

« Les choix qui s’offrent à la BCE sont trop souvent caricaturés par les observateurs, explique au Monde et à La Stampa Benoît Cœuré, membre du directoire de l’institution. Certains craignent que nous traumatisions les marchés financiers si nous bougeons d’un millimètre le curseur de la politique monétaire, tandis que d’autres préconisent une normalisation à marche forcée. »

L’inflation de la zone euro reste vacillante

Mais la stratégie de la BCE est plus subtile. « Déjà, en décembre dernier, nous avons réduit l’ampleur de nos achats d’actifs sans remettre en cause le soutien apporté à l’économie », illustre M. Cœuré. Autrement dit : l’institution a déjà ajusté sa politique monétaire en réaction à l’amélioration de la conjoncture. Et elle continuera de le faire « de manière très prudente », car l’inflation de la zone euro reste vacillante. Ces derniers mois, l’indice des prix s’est en effet rapproché de la cible de 2 % essentiellement sous l’effet de la hausse des cours du pétrole, et grâce aux mesures de la BCE.

Quelle sera la prochaine étape ? « Le conseil des gouverneurs continuera à ajuster ses instruments, qualitativement et quantitativement », précise M. Cœuré. « Avec prudence et flexibilité », en fonction « des perspectives d’inflation ». Contrairement à ce qu’affirment certains économistes, le Français assure que les largesses monétaires de la BCE n’ont pas alimenté la formation de bulles spéculatives. Mais aussi que les taux négatifs instaurés par son institution ne nuisent en rien aux établissements financiers, qui ne cessent de s’en plaindre.

« La profitabilité des banques et la progression du crédit montrent que la crainte d’effets secondaires négatifs est pour l’instant injustifiée, détaille-t-il. Il n’y a donc pas de raison, au vu de ces observations, de changer notre stratégie. »

Pour le reste, M. Cœuré insiste : la BCE « communiquera en transparence sur ces évolutions », à savoir celles de sa perception de l’économie et de ses mesures. « Ne pas le faire serait risquer un ajustement plus fort des marchés lorsque les décisions seront effectivement prises. » Façon de confirmer aux investisseurs (et aux gouvernements) qu’ils doivent se résoudre à la disparition de la béquille monétaire. Mais qu’ils seront prévenus suffisamment à l’avance pour s’y préparer…

Gouvernance mondiale, climat et Trump (Le Monde)

Le Monde du 28 juin 2017

Trump ou le retour de l’incertitude climatique
La large réprobation suscitée par la décision américaine de quitter l’accord de Paris ne doit pas faire illusion : le choix de Washington va bel et bien inciter les marchés financiers à ignorer le risque climatique
L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, en novembre 2016, avait déjà mis en émoi la communauté climatique, alors réunie à la COP22 de Marrakech pour mettre en œuvre les engagements pris à Paris l’année précédente. La chose est désormais entendue : le président américain a fait le choix d’un  » isolationnisme climatique  » radical. Un oxymore évidemment intenable.

La question du climat et celle de l’avenir de la mondialisation sont étroitement liées. Elles révèlent un monde intégré qui a un besoin crucial de règles et de reconnaissance mutuelle des problèmes par les puissances publiques. Tout comme l’accroissement global des inégalités, le changement climatique est un symptôme aigu d’une mondialisation économique et financière dépourvue de sens et de règles communes. Si la décision de M. Trump a suscité un mouvement de résistance civile aux Etats-Unis, ainsi que des réactions diplomatiques indignées, elle signifie surtout l’entrée dans une nouvelle ère d’incertitude économique et financière.

Le  » momentum  » de la COP21 avait encouragé les principales enceintes de la gouvernance économique et financière mondiale à inciter l’ensemble du secteur financier, qui était jusqu’alors plutôt indifférent au climat, à s’approprier le sujet sous l’angle des risques encourus. Le G20 avait ainsi demandé en 2016 au Conseil de stabilité financière, qui a pour mission d’identifier les vulnérabilités mondiales, de se pencher sur la prise en compte des risques climatiques. Parmi ceux-ci, le risque de transition d’un monde carboné à un monde décarboné était apparu comme particulièrement critique pour le secteur des énergies fossiles : 80 % des réserves prouvées de charbon, de pétrole et de gaz doivent être laissés sous terre si l’on veut rester sous les 2 0C de réchauffement.

La décision du président Trump vient brouiller ces efforts de transparence sur les risques climatiques. En prétendant qu’il est possible de relancer la croissance américaine par le secteur de l’industrie fossile, il envoie aux investisseurs un contre-signal qui fragilise, quoi qu’on en pense, le consensus financier en cours de formation en faveur de la transition bas carbone. Cela ne peut qu’accroître l’incertitude et pénaliser les investissements de long terme, pourtant plus que jamais nécessaires. C’est en cela que la décision politique de Donald Trump est certainement la plus nocive.

Le rôle-clé de l’union européenne
Mais cette décision agit aussi comme un miroir de nos insuffisances. Elle révèle que des mesures de transparence volontaire sur les risques climatiques ne peuvent suffire à  » climatiser  » la -finance et à bâtir une intermédiation financière capable de redonner un sens à l’épargne de long terme.

Une impulsion politique est indispensable pour fixer un cadre macro-prudentiel qui nous protège du risque systémique d’origine climatique, mais aussi pour garantir que les efforts de réduction d’émissions de CO2 soient -reconnus à une valeur suffisamment élevée pour déclencher les investissements nécessaires à la transition. Les conclusions de la commission Stern-Stiglitz, sous l’égide de la coalition mondiale pour la tarification du carbone, sont à ce titre très précieuses, car elles permettent de définir un corridor de telles valeurs à l’échelle du monde.

L’Union européenne, avec l’appui de son réseau de banques publiques d’investissement et de développement, a théoriquement tous les outils en main pour contrer ce retour inquiétant de l’incertitude face au climat, et pour convaincre ses propres concitoyens comme le reste du monde qu’un autre modèle de prospérité est possible.

collectif

Michel Aglietta est professeur émérite, conseiller au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) et à France Stratégie

Etienne Espagne est économiste au CEPII

Baptiste Perrissin Fabert est économiste à France Stratégie

 

Politique de la concurrence européenne vs Google (Le Monde)

Le Monde 28 juin 2017

Pourquoi la décision de Bruxelles concernant Google est historique
Le montant de l’amende – 2,4 milliards d’euros – et la méthode employée pourraient ouvrir la voie à d’autres procédures judiciaires en Europe
La décision de la Commission européenne à l’encontre de Google, mardi 27 juin, était attendue depuis des mois. Mais cette condamnation pour abus de position dominante visant son comparateur de prix Google Shopping a surpris par son ampleur, sa fermeté, et ses implications. Elle est historique à plus d’un titre.

D’abord par le montant de l’amende : 2,42 milliards d’euros.  » Cette amende reflète la nature grave et pérenne du comportement de Google « , a insisté Margrethe Vestager, la très énergique commissaire à la concurrence.

C’est plus de deux fois celle dont avait écopé Intel, autre géant américain des technologies, en 2009. Le montant est certes moindre que dans le cas d’Apple, mais l’accusation ne porte pas sur la même violation de la loi européenne. Le concepteur de l’iPhone avait été condamné en 2016, pour aides d’Etat illicites, à restituer 13 milliards d’euros à Dublin dans le cadre des arrangements fiscaux entre le géant -américain et l’Irlande. L’amende de Google devrait aller au budget de l’Union européenne (UE). Une vraie manne.

Par ailleurs,  » il s’agit de la -première grande décision de -concurrence, caractérisant un abus de -position dominante dans le fonctionnement des plates-formes et sanctionnée financièrement, de cette envergure. Elle est impressionnante sur le plan juridique et sur celui de la démonstration factuelle « , explique au Monde Isabelle de Silva, présidente de l’Autorité de la concurrence française.

 » Position dominante « 
 » Google a abusé de la position -dominante de son moteur de recherche pour promouvoir son -propre comparateur de shopping dans ses résultats de recherche, en rétrogradant les comparateurs concurrents « , a précisé, lundi, Mme Vestager.

 » On s’est longtemps demandé si le mode de fonctionnement de ces sociétés de l’Internet était si complexe, que les autorités de la -concurrence ne pouvaient pas agir. La Commission vient de prouver l’inverse, ajoute Mme de Silva. Sa démarche analytique crée un cadre de référence très fort pour agir, elle nous a permis de faire un pas de géant.  »

L’institution a voulu prouver que le moteur de recherche – » général  » de Google était en -position dominante et qu’il en a abusé sur un marché connexe, Google Shopping. Elle a voulu démontrer ce qui se passait sur le moteur avant et après les changements dans son logiciel ; elle s’est fondée sur la manière dont les autres agents écono-miques avaient été touchés pour montrer qu’ils étaient -discriminés.

Un travail colossal et, là encore, historique. A son arrivée à Bruxelles, fin 2014, Mme Vestager avait décidé de s’atteler en priorité au cas Google Shopping et d’adopter la manière forte : l’envoi d’un acte d’accusation (en avril 2015) alors que son prédécesseur, Joaquin Almunia, avait multiplié les tentatives de conciliation pendant quatre ans.

A cette fin, les services de Mme Vestager ont analysé une immense quantité de données : 5,2 terabytes de résultats de recherche du moteur américain,  » l’équivalent de 1,7 milliard de -requêtes « .  » Cela me prendrait 17 000 ans si je devais les lire -toutes à haute voix « , a précisé la Danoise.

Même la méthode choisie pour obliger Google à changer de comportement est jugée novatrice. Le géant californien ne dispose que de 90 jours pour faire  » respecter le simple principe d’égalité de traitement entre les services concurrents de comparaison de prix et son propre service « , selon la Commission.

L’institution ne lui impose aucune solution technique, juste une obligation de résultat. En cas de non-respect, le groupe s’expose à une astreinte journalière très sévère : jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires moyen réalisé quotidiennement au niveau mondial par Alphabet, la société mère de Google.

 » C’est très futé, cela va vite permettre de voir si Google veut partir dans la voie de l’apaisement ou pas. A l’époque de Joaquin Almunia – commissaire à la concurrence de 2010 à 2014 – , le groupe avait proposé, pour changer ses pratiques, que les comparateurs de prix concurrents le payent pour être mieux placés dans ses résultats de recherche ! « , s’indigne Eric Léandri, -président fondateur du moteur français Qwant et membre de l’Open Internet Project, une association de sociétés plaignantes.

Enfin, la décision de Bruxelles pourrait inaugurer le lancement de nombreuses procédures judiciaires dans les pays concernés par l’abus de position dominante (France, Allemagne, -Espagne, Italie, Royaume-Uni, etc.).  » La décision de la Commission créant une présomption de faute, il est très probable qu’il y aura des actions auprès des tribunaux de commerce nationaux, les entreprises qui s’estiment lésées par les pratiques de Google réclamant des indemnités « , estimeMme de Silva.

Cécile Ducourtieux

 

Forum de la BCE (le Monde)

Le Monde du 28 juin 2017

A Sintra, les banquiers centraux tournent la page de la crise
La Banque centrale européenne tenait son forum annuel au Portugal, du 26 au 28 juin.

Au programme : les ressorts de la croissance future
Quel changement ! Alors que l’an dernier, les inquiétudes liées au Brexit hantaient les esprits, la quatrième édition du forum annuel de la Banque centrale européenne (BCE) s’est ouverte, lundi 26 juin au soir, dans une ambiance détendue, pour ne pas dire estivale. Accueilli dans un hôtel de luxe au cœur de la végétation luxuriante de Sintra, près de -Lisbonne, le symposium se tenait jusqu’au mercredi 28 juin. Il -rassemblait banquiers centraux – dont Mario Draghi, le président de la BCE, et Haruhiko Kuroda, son homologue japonais –, académiciens et économistes de haut vol.

Pendant ces quelques heures, un vent d’optimisme a soufflé sur les forêts d’eucalyptus de Sintra. Pour la première fois depuis la création du symposium, les débats ont moins porté sur les turpitudes de la crise que sur les défis de la -reprise. Et en particulier ceux de l’investissement, de l’innovation et de la croissance, au cœur des -débats de 2017.  » Quels sont les -moteurs de long terme de la prospérité dans les économies avancées ? « , a ainsi résumé Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE, mardi 27 juin.

Quelques minutes auparavant, M. Draghi avait salué la bonne tenue de la croissance européenne :  » 6,4 millions d’emplois ont été créés en zone euro depuis la reprise, s’est-il réjoui. L’investissement combiné à la hausse de la productivité peut déclencher un cercle vertueux, permettant à la croissance de devenir soutenable, auto-entretenue et, donc, de ne plus dépendre plus d’un stimulus monétaire massif.  »

Une  » robocalypse «  ?
Très vite, les débats ont porté sur la productivité, cette notion complexe mais essentielle, car elle est l’un des moteurs de la croissance du niveau de vie. Une productivité en hausse signifie en effet, en schématisant, que l’on produit plus en utilisant les mêmes -facteurs de production.  » Mais aujourd’hui, le mot fait peur, car il rime avec robotisation et menace sur les emplois, a expliqué David Autor, économiste au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et coauteur, avec Anna -Salomons, de l’université économique d’Utrecht (Pays-Bas), d’une étude sur le sujet. Sommes-nous à l’aube d’une robocalypse, où les machines remplaceront les humains ?  »

Ses travaux, qui passent au crible la trajectoire économique de dix-neuf pays industrialisés entre 1970 et 2017, suggèrent que la réponse est non. Ils battent en brèche quelques idées reçues.  » Sur la période étudiée, la hausse de la productivité s’est traduite par une hausse globale du taux d’emploi : l’effet est clairement positif, a-t-il détaillé. Mais des changements structurels sont intervenus « . L’emploi a en effet baissé dans l’industrie. Mais cette diminution a été plus que compensée par la hausse dans les autres secteurs, notamment les services, tels que l’éducation ou la santé.

Dit autrement : la demande totale de main-d’œuvre n’a pas diminué… mais la demande de profils qualifiés a augmenté plus vite que celle de profils peu diplômés. Pas de robocalypse, donc. Mais un défi auquel les gouvernements devront répondre ces prochaines années :  » Il ne portera pas sur la quantité, mais sur la qualité des emplois qui seront disponibles pour les plus moins qualifiés « , précise M. Autor.

De son côté, le Français Thomas Philippon, économiste à la Stern, l’école de commerce de New York, a soulevé deux autres questions tout aussi cruciales : pourquoi l’investissement a-t-il fléchi ces dernières années aux Etats-Unis et en Europe ? Et surtout, est-ce pour les mêmes raisons ? Les réponses apportées par ses recherches sont surprenantes. En Europe, la baisse de l’investissement est, sans surprise, due aux effets délétères de la récession, qui s’est accompagnée d’une flambée des coûts de financement et d’un effondrement de la demande.

Reprise de l’investissement
Mais pas aux Etats-Unis : alors que le taux de chômage y est au plus bas et que les profits des entreprises battent des records, ces dernières devraient, en théorie, investir à tour de bras.  » Mais elles ne le font pas « , constate M. Philippon. Et ce, à cause du phénomène de concentration observé dans la plupart des secteurs depuis les années 2000 aux Etats-Unis. Phénomène qui ne s’est, en revanche, pas produit de ce côté-ci de l’Atlantique.  » Les grandes entreprises américaines occupent des positions dominantes sur leurs secteurs. Résultat : elles ne sont plus défiées par la concurrence, et n’ont donc plus de raisons d’investir « , relève l’économiste.

Selon lui, le coup de mou de l’investissement est donc structurel aux Etats-Unis, tandis qu’il n’est que conjoncturel en Europe.  » Dès lors, il ne devrait pas tarder à repartir en zone euro, et c’est encourageant « , conclut-il. De là à imaginer que d’ici quelques années, la croissance de l’union monétaire surpassera durablement celle des Etats-Unis, il n’y a qu’un pas… qu’il serait néanmoins prématuré de franchir.

Car le Vieux Continent doit encore surmonter les séquelles de la crise, telles que le chômage des jeunes. En outre, il ne suffit pas que les investissements créent des innovations pour que ces dernières génèrent de la croissance.  » Il faut également que ces innovations se diffusent dans tout le tissu économique, a expliqué Reinhilde Veugelers, économiste à l’université catholiquenéerlandophone de Louvain, en Belgique. Cela passe en grande partie par la -qualification et la mobilité des salariés, qui propagent les nouveaux savoirs en circulant d’une entreprise à l’autre.  »

Mercredi 28 juin, l’intervention de Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, était très attendue. L’an dernier, il avait annulé sa participation au forum à la dernière minute. Son institution devait alors faire face aux premiers remous financiers provoqués par la victoire du  » Leave « au référendum britannique sur le Brexit, six jours plus tôt.  » Cette année, il sera probablement l’un des seuls à ne pas partager l’optimisme de Sintra « , glisse un participant, un peu perfide…

Marie Charrel